Lorsque la saison des orages se termine, l’hiver prend ses quartiers. Les brouillards de vallée ont un peu tardé cette année, en raison d’une configuration météo peu propice. C’est au début du mois de décembre que j’ai retrouvé la saveur particulière des ambiances pré-hivernales. Les couleurs d’automne ont presque disparu. Au fil de la saison, la température descend, et la brume s’installe. Englué dans les nuages, je prends la route des cimes. La brume devient brouillard, la délivrance est proche. Soudain, le ciel se dégage, la température s’adoucit. Une kyrielle d’étoiles scintillent au firmament. Au dessous, les villes n’existent plus, elles sont lumière diffuse, auréoles multicolores dans un océan éphémère. Tranquillement, j’installe mon trépied, j’effectue mes réglages. Le temps importe peu, l’horloge s’est arrêtée. La plénitude de l’instant se passe de servitudes.

Au dessus de Genève

Genève engluée dans le brouillard

Genève engluée dans le brouillard

Genève et le lac Léman dans le brouillard

Genève dans le brouillard et lac Léman

Ville engloutie

Ville engloutie

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En montant un peu plus haut, je prends du recul, j’embrasse le paysage. Au centre, le Môle.

Alpes et brouillard de vallée

Alpes et brouillard de vallée

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Par une nuit bien lunée, le paysage se révèle. Parfois même, les éléments s’associent pour agrémenter le spectacle.

Mer de nuage éclairée par la vallée de l'Arve et nuages lenticulaires sur les Alpes

Mer de nuages éclairée par la vallée de l'Arve et nuages lenticulaires sur les Alpes

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L’habitat haut-savoyard

Lune et mer de nuage au dessus de Cluses

Lune et mer de nuages au dessus de Cluses

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Vallée de l’Arve vue depuis St Sigismond

Vallée de l'Arve sous le brouillard

Vallée de l'Arve sous le brouillard

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Sur les points haut, les églises sont remplacées par des pylônes électriques ou de télécommunications. Cependant, la récente mise en valeur de notre patrimoine leur donne un éclat d’éternel, elles sont les derniers bastions d’une civilisation en proie au doute.

Eglise et mer de nuages en Haute-Savoie

Eglise et mer de nuages en Haute-Savoie

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Derniers reflets

Dimanche 17/11/2013 | Catégorie: Montagne, Reflets | 1 commentaire

Entre chien et loup, la vallée s’obscurcit, la ville s’allume et les bancs publics se vident. Baisers volés, confidences de petites filles, cris d’enfants, la montagne emporte les secrets.

"Le banc vide"

Puis flambent les cimes. La lune prolonge la langueur d’un interminable coucher.

Aiguille du midi flamboyante

Enfin, le ciel s’assombrit, la pupille se dilate. Avec élégance, le satellite reflète la lumière de notre astre. Fil ténu, souffle de vie, souffle d’amour, la lampe céleste veille sur nous.

Lune et Aiguille du Midi

Le futur est une émanation du passé, personne n’est dupe je crois.  Une nouvelle page va s’écrire, avec des mots que nous connaissons. Nous brouillerons les pistes en changeant le rythme, en inversant les phrases. L’évidence d’autrefois s’écrit peut être au passé, mais conjuguée au futur elle conserve de l’allure. Demain, le soleil reviendra.

Automne en Haute-Savoie

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L’automne est arrivé, et depuis quelques jours les températures sont conformes à un mois de novembre. Les orages laissent place au lyrisme d’une nature pudique. Au dessus d’un petit plan d’eau, les brumes dessinent des volutes teintées par un soleil aux couleurs pastel. La chaleur accumulée au fil des mois d’été est restituée. L’agitation estivale laisse place à la mélancolie de l’automne, mais le trésor ne disparait pas, il se protège pour mieux renaître à l’équinoxe.

Brumes matinales au dessus d'un plan d'eau, en Haute-Savoie

Brumes matinales en Haute-Savoie

Brumes matinales sur un plan d'eau, en Haute-Savoie.

Brumes matinales

Brumes matinales sur un plan d'eau, en Haute-Savoie.

Brumes matinales en Haute-Savoie

Brumes matinales sur un plan d'eau, en Haute-Savoie.

Brumes matinales, près de Viuz-en Sallaz (Haute-Savoie)

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S’il est une perspective que j’aime, c’est celle de la foudre au dessus des villes, depuis un point haut. Car les plus beaux feux d’artifice sont naturels. En cette fin de semaine de début août, les festivités se préparent sur le lac d’Annecy.  La “fête du lac” est sans doute un des plus beaux spectacles pyrotechniques qu’il m’ait été donné de voir, mais la promesse des cieux est ma préférence. Le point de chute est choisi d’une façon consciencieuse. J’opte pour une ville à l’ouest de l’Allier, Montluçon, en espérant cueillir quelques impacts sur une ville que je ne connais pas.

Un soleil rutilant et quelques notes de blues rendent le trajet agréable. Montluçon est une petite ville et je ne cherche pas bien longtemps les points hauts, mais ils présentent tous un inconvénient : d’énormes lignes Haute Tension les surplombent.  Tant pis. L’heure n’est plus au tourisme, le ciel prend tournure. Je me restaure hâtivement,…

La lumière décline, je perçois des flashs incessants au sud ouest de ma position. Une très belle cellule, probablement supercellulaire au vu du magnifique crochet sur les radars, approche Guéret. Je suis sur la trajectoire du monstre. Malheureusement, la cellule orageuse décline à l’approche de Montluçon. Les premiers impacts sont perceptibles, au loin. Un orage en fin de vie, et peu électrique défile devant mes yeux. Il est suivi d’orages plus intéressants, dont un qui vient lécher l’ouest de ma position, mais ne donne que trois impacts directs sur la ville. Je parviens à en capturer deux, avec mon deuxième boitier.

Coup de foudre sur Montluçon

En visionnant la photo, le coup de foudre semble toucher un immeuble. Mais en y regardant de plus près, il s’agit probablement d’un arbre à proximité des habitations.

Impact de foudre sur Montluçon

Un deuxième éclair illumine le ciel de Montluçon. Sinueux à souhait, son tracé est délicat, et la foudre touche la ville à trois endroits différents.

Eclairs et foudre sur Montluçon

Je ramène quelques captures supplémentaires de cette soirée, mais je reste un peu sur ma faim. Ce soir, les orages ne sont pas très généreux en électricité sur la ville. Je suis néanmoins ravi d’avoir exploré un nouveau panorama. Montluçon est une destination prometteuse.

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En 2012, j’ai goûté à la saveur particulière des orages maritimes de la Ligurie et de La Toscane. Dans les régions méditerranéennes,  la saison débute. Dean est disponible et doublement motivé par l’Italie, en raison d’une situation propice aux développement d’orages supercellulaires plus au nord, dans le Piemont. Ce double enjeu est motivant. Nous quittons Genève en début d’après midi sous un ciel bien chargé et une circulation dense en cette fin de mois d’août.  A la sortie de la vallée d’Aoste, le voile nuageux se dissipe et laisse apparaitre le soleil.

Conformément aux modèles, de jolies cellules orageuses se développent déjà dans la plaine du Piemont. Comme si nous avions pris rendez-vous, nous sommes dans le timing pour cueillir nos premières captures.  La tension monte d’un cran, sur notre gauche un cumulonimbus prend des allures de supercellule. Nous sortons de l’autoroute afin d’intercepter le monstre. L’arcus qui est à l’avant avance très vite.

Arcus dans le Piemont

Dans un paysage typique de rizières, nous observons l’évolution de la base. Quelques coups de foudre extranuageux  très lumineux agrémentent le spectacle. Le vent se lève soudain. Les rafales, assez fortes, soulèvent de la poussière.

Le vent fort et quelques gouttes de pluies ne simplifient pas la prise de vue, je m’en vois comme un beau diable.

Vent près d'une supercellule

Nous reprenons la route afin de tracer la cellule, qui devient très électrique, pendant un moment. Sur une voie rapide, nous observons le nuage mur évoluer  et devenir dantesque.

Le suivre trop longuement reviendrait à compromettre notre deuxième “target”, Les orages font tache d’huile et s’étendent. Nous sommes désormais sous la pluie,mais stoppons néanmoins quelques minutes, afin de capturer des éclairs. La foudre est imprévisible, l’endroit devient dangereux.

Nous repartons pour le sud. A vrai dire, il s’agit de mon “target” préféré, et j’espère capturer une trombe au petit matin, au bord de la méditerranée. Arrivés près de Gênes, sur la côte, nous éprouvons quelques difficultés à parquer le véhicule. Peu importe, nous marcherons quelques centaines de mètres… (Ce n’est pas anodin lorsqu’il faut regagner son véhicule en toute hâte, sous des trombes d’eau, et parfois même sous des coups de foudre proche). Bien motivés par une halte au restaurant, les éléments coupent court à nos velléités culinaires. En effet, le ciel s’illumine, les orages sont en approche rapide. De nouvelles cellules se forment en mer et nous installons fissa les trépieds. Les premiers coups de foudre jaillissent en mer, comme venus de nulle part.

Plus tard, l’illumination des nuages me permet d’observer les structures très tourmentées.

Afin de mieux profiter du spectacle, nous nous déplaçons de 2 kms. C’est un choix gagnant.

La pluie gagne du terrain, il faut maintenant bouger. Plus loin sur la corniche nous croisons Klipsi, un habitué des lieux. A la vue de son agitation lorsqu’il installe son trépied, un tas d’images défilent dans ma tête. Dean lance un “viens viiite”. Occupé à sécher mon matériel, je traine quelques minutes, et je loupe un magnifique nuage mur en mer, mais je capture quelques coups de foudre bien sentis, au large, dans une composition minimaliste.

Puis nous sommes pris dans un rideau de précipitations qui nous trempe jusqu’aux os…. Ce n’est plus de la pluie, c’est une projection de seaux d’eau, un déluge. Sur la route du sud, le drainage ne suffit plus. L’autoroute est une pataugeoire. Peu avant la Spezia, la pluie cesse. Nous nous orientons vers un point haut. La ligne orageuse nous absorbe rapidement et ne nous laisse pas le loisir de shooter très longtemps. Sous le bruit incessant de la pluie, nous prenons un peu de repos dans la voiture. Puis vient l’accalmie. Nous ressortons les trépieds et contemplons l’arrière de la ligne orageuse. Il est 5h, Klipsi sort son violon  et invoque les éléments. Le paysage est grandiose, et se prête à la mélodieuse extravagance du chasseur de tornades. Quelques touristes dans un camping-car voisin ont du apprécier ce moment de bravoure… Puis un coq se met à chanter, les premières lueurs du jour et une lune très lumineuse ne masquent pas encore le clignotement incessant des cumulonimbus.

Affamés par cette nuit de chasse, nous décidons de partir en quête d’un petit déjeuner. Klipsi nous propose gentiment diverses friandises, voire quelques boites de conserve et un café, mais la perspective d’un café et de viennoiseries à l’italienne nous donne un nouvel élan. Nous abandonnons notre comparse au petit matin, et filons à La Spezia.Rassasiés, nous entreprenons notre dernier target, un peu plus au sud. Malgré le savoir faire de Dean, nous restons bredouille, aucune trombe ne se forme dans le secteur. J’apprendrais plus tard que deux trombes ont été vues ce jour là : La première à l’endroit où nous avons failli stopper sur le retour, Gênes. La seconde, remarquable par son intensité, bien plus au sud. (http://www.naturaldisastersnews.net/disaster-news/natural-disasters-events-archive-of-all-natural-disasters-news/tornadoes-waterpouts/1496-2013-08-25-waterspout-and-severe-weather-in-several-italians-region#.UhviWmSbh2c). Mais nous sommes pris par des contraintes professionnelles, il nous faut regagner Genève. Le retour se fait sous un soleil de plomb et dans la bonne humeur. Une fois de plus, cette chasse fut fructueuse, elle confirme mon ressenti de la saison dernière : le Golfe de Gênes est un délice pour le chasseur d’orage.

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Par cette belle soirée d’août, je traine un peu des pieds pour prendre la route du retour. Un moment passé avec sa Maman est un instant de félicité, et j’ai le secret espoir de croiser une cellule isolée sur le chemin du retour. Entre deux dialogues avec Maman, je guette l’évolution des radars météo. Parfois même je m’absente une minute pour scruter le ciel, et la ligne de cumulus qui ne faiblit pas sur le massif du Vercors. Ce soir, je suis dans le tempo. Je me décide enfin à prendre la route. Le ciel est engageant, je papote avec Will au tel. Il ne voit rien de particulier sur le radar de précipitations. J’y crois pourtant. N’y tenant plus, je fais une halte peu avant Chambéry, sur une aire de repos. Et là… je vois une petite cellule se dessiner entre Grenoble et Chambéry, sur le massif de la Chartreuse. La chasse est lancée, je suis en terrain connu. Je monte vers un de mes spots fétiches,  vingts minutes à croiser les doigts pour que l’orage n’éclate pas trop vite.

L’orage se forme enfin, et lache un peu d’électricité. Dans l’axe de la montagne, j’espère quelques coups de foudre à l’arrière de la petite cellule. Je capture un impact, un seul, mais ce sera le clou de la soirée. L’éclair extranuageux se place dans le prolongement du lac d’Aiguebelette.

Eclair extranuageux près du Lac de Aiguebelette

Je file sur l’autre versant de la montagne, mais le feu d’artifice est terminé, il n’y aura pas de bouquet final. Je savoure quand même l’instant : alors que les modèles ne réagissaient pas, j’ai imaginé cet orage, je l’ai souhaité, et il m’a donné un magnifique coup de foudre extranuageux. Au fond, Chambéry a peut être encore quelques histoires à me raconter. Si le monde est courbe, ce qui est derrière est aussi devant nous…

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Voici quelques images qui retracent ces orages.  Ils s’avèrent violents dans le sud. Dans un premier temps, nous nous postons entre Montélimar et Pierrelatte (26), dans le village historique  de la Garde Adhémar. Une première série d’orages nous balaie, des cellules très électriques et grêligènes.

Double coup de foudre dans la Drôme

La soirée se poursuit plus au sud, au dessus de Vitrolles. La ligne orageuse s’évacue, s’éteint, puis laisse place à une seconde offensive. L’ambiance est féérique. Les cumulonimbus s’illuminent en permanence.

Ligne orageuse très active dans la vallée du Rhône.

En milieu de nuit, une cellule très virulente se forme en mer.  Nous l’interceptons frontalement. L’étang de Berre est foudroyé à plusieurs reprises.

Foudre près de Vitrolles, sur l'étang de Berre

Un peu plus tard, un coup de foudre sur le complexe pétrochimique de l’étang de Berre provoque la mise en sécurité de la raffinerie.  Les torches se rallument, le ciel s’embrase.

Torchères de la raffinerie de l'étang de Berre.

Le périple prend fin à Nice, au petit matin, où la ligne orageuse a semé le chaos une heure plus tôt.

Chaos à Nice, suite aux orages du matin, le 29 juillet 2013Arbre déraciné à Nice, suite aux orages du 29 juillet 2013

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Dans mes rêves les plus fous d’ancien marin, j’avais coché la case “trombe marine”. Aujourd’hui une phrase de St-Exupéry résonne dans mon esprit : “Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité.”

Depuis quelques jours j’attends une échéance : Dean a évoqué une possibilité de trombe sur le Léman. Le phénomène est rare mais récurrent et le lac est connu et réputé pour ses trombes lacustres, sur le Haut Léman généralement. Le lac est bien chaud. La situation de traine peu active est particulièrement favorable au développement du phénomène attendu. Je n’étudie pas plus que cela les modèles, mais constate quand même que Cosmo modélise des précipitations sur le lac, en fin de journée.

Dès le matin, j’ai la tête dans les nuages. Je fais de mon mieux pour rester concentré au travail. Par chance, en début d’après midi, je me trouve sur une terrasse. Dean est en route pour le haut Léman. Lorsque soudain je devine un tube au loin, sur le petit lac. J’appelle immédiatement Dean. Pris de court, il ne peut que constater la présence de la trombe sur sa droite, dans un endroit assez inhabituel du lac. Issue d’un cumulus à faible développement vertical, elle est aussi inattendue qu’éphémère et dure tout au plus trois minutes. Dans un élan de sagesse, de génie, (ou de folie), Dean me dit : il y en aura d’autres…

Je m’affaire, puis prends la route en fin d’après midi. D’astreinte, je ne peux pas franchir la frontière, je suis condamné à regarder le spectacle du côté français. Ce sera ma chance.

En ce mardi un peu frais, les cumulus ont la blancheur immaculée des lendemains d’orage. La convection diurne se fait sur les terres. Je regarde de gros cumulus défiler sur la Suisse. Le lac est vierge de nuages, il va falloir patienter.

Cumulus en Suisse

Les heures défilent… des congestus menaçants se forment à l’ouest du lac. Le ciel est chargé, le soleil caché. Soudain, en début de soirée, et conformément aux prévisions du modèle, la convection prend sur le lac. Dean m’appelle, le scénario est conforme.

Suite à la dégradation du jour précédent, l’atmosphère est limpide. On pourrait presque toucher Lausanne. La navette transporte des passagers pressés qui se moquent bien des couleurs du ciel vespéral.

Navette Lausanne Evian 1

Posté sur une hauteur de Evian, j’observe les premiers rideaux de précipitation naître en face, au milieu du lac. Les bases prennent de la consistance.

Cumulus, convection et précipitations sur le lac Léman

A partir de ce moment, tout va très vite. Sous mes yeux incrédules, deux tubas se forment, dans le rideau de précips. Je ne perdrais pas une seconde du spectacle qui suit.

Tuba sur le lac Léman

les tubas prennent de l’ampleur et condensent de plus en plus.

Tubas sur le Lac léman

Tubas et trombes lacustres en phase de formation sur le lac Léman

Rapidement, je réalise qu’un buisson est apparu sous le tuba de droite. Au même moment plusieurs personnes s’intéressent à mon activité. Plus étonnées par mon matériel que par la couleur du ciel, je leur montre le phénomène sur le lac. Leur réaction m’amuse : “Mon Dieu des tornades se forment. C’est dangereux ?”.

Trombe lacustre sur le Lac Léman

Trombes lacustres sur le lac LémanTrombes lémaniques

Enfin, le moment espéré se réalise. Les deux buissons deviennent visibles. Je suis dans un état d’excitation indescriptible.

Deux trombes sur le lac Léman, le 08 août 2013

Les trombes se délitent au bout de quelques minutes, puis la vie reprend ses droits. Comme si de rien n’était la navette Lausanne-Evian continue ses va et vient.
Navette Evian lausanne

Quelques tubas réapparaissent ci ou là mais il ne donneront pas une quatrième trombe, au grand regret de Olive qui a rejoint Dean.
Tuba sur le lac Léman

Je regarde les cumulus s’éloigner vers le haut lac, ils évoluent en Cb. Je reprends la route en direction de St Gingolph.

Mon épopée se finit aux frontières du pays. Il est 23h, la fête est terminée.

Merci à Dean, je salue son talent de prévisionniste. Nous avons partagé un moment exceptionnel en regardant ces trombes franco-suisses.

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Bonjour,

S’il est une période de l’année que j’attends impatiemment, c’est bien l’automne. Avec ses belles couleurs, ses brumes et brouillards parfois tenaces, et les premières gelées matinales, l’automne est un feu d’artifice.

Le brouillard est communément appelé stratus. Ce nuage de l’étage inférieur (entre 0 et 2000m) s’accroche aux montagnes lors des dégradations estivales, puis flirte avec la vallée en fin d’automne. Lorsqu’un phénomène d’inversion prend place, la vallée est engluée dans un brouillard parfois dense qui claquemure la lumière, les particules polluantes, et plus globalement l’activité humaine. En prenant un peu de hauteur, on observe un spectacle féérique, les étoiles s’allument, le ciel est limpide, et les villes deviennent des îlots de lave urbaine. Cette année, le premier épisode de stratus durable s’est installé mi-novembre. Je n’ai pas su résister à l’appel des éléments…

Stratus illuminé par Genève, et Voie Lactée

"L'échappée belle" - Stratus illuminé par les lumières de Genève.

Avec Olivier Marciot, nous contemplons le spectacle. Une atmosphère limpide nous permet d’observer la Voie Lactée et un ciel très étoilé. Les lumières de Genève éclairent le stratus par en dessous.

A la vue du spectacle, le temps s’arrête. Le silence est d’or. Nous savourons ce moment d’éternité. Puis les langues se délient, l’instant devient humain. Ici la nature et l’Homme sont en osmose. Ce mélange  de naturel et d’artificiel est harmonieux. l’Homme détruit son écosystème mais la nature se gausse, et, magnifique pied de nez,  elle emprisonne toute forme de pollution dans un brouillard épais. Puis le symbole prend de la consistance : la Voie Lactée trace un délicat chemin, quant à lui l’Homme flambe…

Olivier Marciot contemple le spectacle depuis une des terrasses surplombant Genève

Stratus éclairé par la lumière de Genève

Etre ou ne pas être… Ici tout est force et sérénité.

Vache et stratus illuminé

Vache et stratus illuminé par Annecy

Quand beau rime avec divin…
Tel le flux et le reflux de l’océan, la mer de nuages se modifie en permanence, au gré des vents. D’étonnantes volutes se dessinent au sommet du stratus. Comme un écho divin, une vache rumine avec grace l’herbe d’un pâturage fertile. Je ne la dérange pas, le téléobjectif est de mise.

En me couchant, je suis encore sous le charme de cette extraordinaire ambiance. Ces instants sont encore plus forts lorsqu’ils sont partagés, petit clin d’oeil à mon compère Olive.

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L’automne est la saison des orages sur le pourtour méditerranéen.  En Italie, la perception des risques liés aux dégradations orageuses est présente depuis l’antiquité. Et pourtant, chaque année apporte son lot de catastrophes. Ainsi, 2011 fut marquée par des inondations meurtrières dans la province de Gênes. Fort de ce constat, lorsqu’une situation similaire se présente le 10 novembre 2012, je décide d’accompagner Dean Gill en Ligurie.

Genève 08:00… Le voyage se fait sous un temps maussade. Au fil des kilomètres,  la pluie fine, sous des nuages stratiformes, devient plus consistante. Les précipitations prennent un caractère d’averses avec des zones de répit… 400 kms défilent.  Sur une hauteur de Gênes, nous scrutons l’horizon, à la recherche d’un signe divin. Pragmatique, Dean consulte les radars et les modèles météo. La situation se met lentement en place, nous sommes encore sous une légère influence du sirocco. La zone de confluence, celle où se produiront les orages, se situe sur une ligne séparant deux masses d’air : le sirocco, un vent sec venu du Sahara, puis une masse d’air froide et humide en provenance de la méditerranée. Gâtés par le timing, nous sommes en avance sur la dégradation, et nous dirigeons plus au sud, pour profiter d’ ambiances tempétueuses en bord de méditerranée. Tumultueuse, la mer offre un spectacle saisissant sur le front de mer de Rapallo.

Mer agitée et chateau de Rapallo

Mer agitée et chateau de Rapallo

Vent à Rapallo

Vent et mer agitée à Rapallo

Vent et mer agitée en Ligurie

Vent et mer agitée à Rapallo (Ligurie)

La dépression arrive lentement, les embruns, des averses parfois,  gênent le travail photographique. Les promeneurs du samedi se réjouissent du spectacle offert par les éléments. Et pourtant ils savent… La sécurité civile est en alerte, les cumuls attendus dans la nuit sont importants. Ils donneront lieu à des déboires matériels, voire à l’inacceptable drame.

Mer très agitée à Rapallo

Mer très agitée à Rapallo

Après une séance de plusieurs heures, et quelques photographies vivifiantes, nous quittons la ville ligurienne, et poursuivons sur la côte en direction du sud-est. Selon les derniers run météos, les précipitations devraient prendre un caractère de déluge dans la nuit, sur une ligne située au sud de La Spezia. Nous nous rendons dans la ville portuaire, puis la longue attente commence. Sous une faible pluie, je prends quelques photos d’ambiance, et nous nous reposons.

C’est au coeur de la nuit, que nous apercevons les premiers flashs. La ligne attendue s’installe durablement. Légèrement en bordure du système orageux, nous attendons le moment propice pour bouger. Soudain, la pluie se renforce, l’orage est en approche. Nous changeons de point de vue, je suis un peu somnolant, lorsque sur la route j’observe un début de coulée de boue. Il n’en faut pas plus pour me réveiller tout à fait, la chasse est lancée !

Le versant face à la mer est impraticable, la pluie est incessante, des éclairs illuminent un stratus épais, nous rebroussons chemin pour partir plus au sud. Mais en quelques minutes, la ville de La Spezia est ruisselante, puis inondée. L’eau atteint 40 cms par endroits, lorsque nous apercevons un homme poussant une voiture en panne. Nous l’aidons à pousser son véhicule vers une rue à l’abri. Finalement, la pluie faiblit, et le niveau de l’eau redescend rapidement. Cette fois-ci les habitants s’en sortent bien, par chance les dégâts sont minimes.

Inondations à La Spezia (Ligurie)

Inondations à La Spezia (Ligurie)

Inondations à la Spezia

Inondations à La Spezia (Ligurie)

Au petit matin, le jour se lève sur une ville rassurée. Les incidents de la nuit resteront des anecdotes.

Dean Gill à La Spezia

Dean Gill

Il n’en va pas de même pour les habitants de Carrara, une petite ville et son extension balnéaire, quelques kilomètres plus au sud. Des orages stationnaires à régénération rétrograde ont sévi toute la nuit. En arrivant, nous décelons immédiatement une ambiance différente. La circulation est chaotique, certaines rues baignent dans 50cms d’eau. La police régule la circulation, mais la vie continue. Si certains regards amers en disent long sur l’impuissance de l’Homme face au éléments, le calme des habitants est édifiant. Au vu des dégâts, on imagine qu’ils resteront matériels. Ici, comme ailleurs, chacun sait que l’essentiel est le souffle de vie…

trafic routier et inondations à Carrara

Inondations à Carrara (Toscane) #1

Inondations à Carrara (Toscane)

Inondations à Carrara (Toscane) #2

Inondations à Carrara (Toscane)

Inondations à Carrara (Toscane)#3

Inondations à Carrara (Toscane)

Inondations à Carrara (Toscane) #4

Inondations en Toscane

Inondations à Carrara (Toscane) #5

Inondations à Carrara (Toscane) - le cycliste

Inondations à Carrara (Toscane) #6

Finalement, en milieu de journée, nous reprenons la route vers Genève. Cette chasse, en forme de reportage météo, m’aura donné envie d’en savoir plus sur les situations orageuses du sud. Je connaissais le Gard et l’Hérault, leurs orages intenses et leurs crues éclairs. La Ligurie et la Toscane ne sont pas en reste. Sur la route, je me dis que si les étrusques construisaient leurs villes sur des collines, c’était peut-être pour se préserver des inondations, puis le ciel se bouche à nouveau, nous venons de passer le Mont-Blanc…

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